Voici un article qui est paru dans le journal Le Dauphiné libéré le mercredi 14 novembre 2007.
[size=16px]Gothiques : plongée du côté obscur
[size=14px]Teint blafard, mascara charbonneux et le noir pour seule couleur, les gothiques fotn de plus en plus d'émules quez les adolescents. Avant d'être une "philosophie", le gothisme est un style, avec ses codes, son language. Décryptage.
[size=12px]Antoine Durafour et Alexis Mombelet, deux sociologues spécialistes des gothiques, nous éclairent sur ce mouvement qui effraie...
*Le look
L'habit ferait-il le goth ? En grande partie. Les gothique attachent un soin très particulier à leur apparence. "Ce mouvement compte plus de filles que de garçons dans ses rangs, explique Antoine Durafour. Elles cherchent à se distinguer des univers virils en cultivant un certain raffinement." Devise absolue de ces élégants : "Noir,c'est noir." Les vêtements, c'inspiration médiévale ou romantique, font la part belle à la dentelle, aux volants et autres détails précieux. "Pour vraiment s'agréger au mouvement, poursuit le sociologue, il faut consommer énormément de fringues !" Longues robes de velour, chemises à jabos, corsets ou sacs en forme de cercueil, les tentations sont nombreuses et... onéreuses. Au fond d'une boutique spécialisée à Paris-rue de la Grande Truanderie, ça ne s'invente pas!- Laure et Mathilde, 15 ans, s'extasient face à ces extravagantes fanfreluches. Couleurs vives, maquillage acidulé, les deux amies n'ont pourtant rien de "goth". "C'est vrai, répond Laure, mais on trouve ce style très joli."
C'est tout l'effet recherché par les gothiques, enclins à agrémenter leurs tenues de bijoux argentés (surtout pas dorés) tels que des croix ou des bracelets cloutés. Plus rarement de piercings. Les goths sont trop précieux pour abîmer leur peau. Quant aux chaussures, plus elles sont grosses mieux c'est. Doc Martens, Rangers ou New Rock (épaisses bottines à talons compensés) constituent des références incontournables.
Aritocrates des temsp modernes, ces esthètes se poudrent abondamment le visage. Leurs yeux sont crayonnés de noir et leur coiffure savamment travaillée. Longue chevelure de jais, parfois partiellement rasée, pour les filles comme pour les garçons.
*La musique
"Elle occupe une place centrale dans cette culture"souligne encore Antoine Durafour. Autre sociologue expert du phénomène, Alexis Mombelet décrit ainsi les sons qui "bercent" ces mélomanes pointus : "Une guitare basse omniprésente, des morceaux dépourvus d'artifice." Au "Top-Goth 50", les albums d'icônes des années 80 comme The Cure côtoient ceux, plus récents mais aussi plus mystiques, de groupes, tels que Dead Can Dance, Sisters of Mercy, Death in June, Sol Invictus... L'affreux Marilyn Manson est considéré à tort comme un monument gothique. Il compose du métal, un courant violent et guerrier avec lequel les néophytes confondent souvent le gothisme.
*Les hobbies
Non, les gothiques ne passent pas leur vie dans les catacombes ! NOn, ils n'errent pas continuellement dans les cimetières ! Quand ils se retrouvent, c'est essentiellement à l'occasion de concerts.
Enveloppées dans leur spleen, ces âmes sensibles composent des poèmes où il est beaucoup question de mort, de solitude, d'anges déchus... "A travers leurs écrits, ces jeunes cultivent leur malaise vis-à-vis d'une société qu'ils jugent pesante et sans charme", note Antoine Durafour.
[size=16px]Repères
[size=14px]Déviances[size=12px]
* En 2006, une étude britannique révèlait que 53% des ados d'obédience gothique s'automutileraient.
Anoter malgré de rares incursions dans le monde arabo-musulman ou en Asie, le courant gothique reste essentiellement occidental.
[size=14px]Origines
[size=12px]*Héritiers de la culture punk, les gothiques retiennent de leurs ancètres à crête, une révolte viscérale contre la société de consommation dont ils rejettent les modèles.
[size=14px]Inspiration
*Leur autre source d'inspiration : les Romantiques du XIXe siècle. Fins lettrés, ils citent Edgar Allan Poe, Lautréamont ou encore Baudelaire, le roi du spleen. Ils se retrouvent aussi dans les toiles symbolistes de Gustave Moreau ou dans des films ténébreux comme The Crow (Le Corbeau) dont l'acteur principal est mort durant le tournage. Une légende maudite comme les aiment les gothiques.
[size=16px]Le SOS des parents
Voir sa progéniture arborer des têtes de mort ou vénérer le chiffre 666, chiffre du diable, peut déconcerter, sinon alarmer. "Mon enfant va-t-il se livrer à des messes noires ? S'automutiler ? Sacrifier des animaux ?"
Face aux interrogations persistantes de parents mais aussi d'enseignants, le Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), a publié, en 2004, un rapport sur la question gothique. Les conclusions des experts se veulent rassurantes mais fermes. "Le gothisme ne conduit pas systématiquement à la déviance ou à la marginalité, même si l'on ne peut aujourd'hui contester qu'il reste l'une des portes d'entrée sur le satanisme."
Auteur de l'essai Satanisme et vampirisme, le livre noir, le sociologue Paul Ariès a mis à jour les points de contact entre ces différentes mouvances. "Les ados gothiques et les satanistes puisent dans le même bric-à-brac ésotérique", explique-t-il.
"Certains adolescents déjà fragiles peuvent aller très loin dans leur fascination pour le morbide, concède également Delphine Guérard, psychologue à l'Association de défense des familles et de l'individu (Adfi).
Quand le jeune commence à se faire mal, il faut prendre ces signes très au sérieux et intervenir." Mais elle précise que "les amoureux de l'esthétique gothique sont très loin d'êtres tous des paumés. S'ils adhèrent à ces codes, c'est avant tout pour exprimer et exorciser le mal-être inhérent à leur âge." Ainsi déclare Marie, ado : "Si je suis gothique, c'est aussi parce que j'ai envie de choquer." En particulier les parents.
[size=14px]Comment réagir ?
Dans son rapport de 2004, le Miviludes a tébli un guide à l'usage des parents, souvent démunis.
Les signes qui alertent
- Un changement radical dans l'apparence vestimentaire
-une mise à distance préoccupante du cercle des intimes, proches ou anciens amis
- des absences répétées en cours
- une altération brutale du caractère, des accès de violences
- la consommation à outrance de filsm d'épouvante
- la consultation de sites internet bâtis autour de thèmes mêlant satanisme, pornographie ou extrémisme politique.
Que faire ?
- Dialoguer ou recourir à un tiers si l'on se snt déjà dépassé par la situation (thérapeute et-ou association de terrain luttant contre les dérives sectaires.)
- poser des interdits : limiter sa libre navigation sur Internet, imposer un frein a la consommation de produits culturels non adaptés aux mineurs (en particulier ceux frappés de sigles satanistes), envisager, si besoin est, un éloignement temporaire de l'dolescent pour le soustraire à l'influence néfaste de son groupe.